Annales du Centre Ledoux

Imaginaire et création artistique à Paris sous l’Ancien Régime

Collectif, sous la direction de Daniel Rabreau

Lundi 1er mars 1999 // COLLECTION
Architecture

291105914X — 308 p. (17x24) broché — 41,15 € — Tirage 600 — Épuisé

L’approche de l’imaginaire d’une période lointaine est une gageure que se doit de tenir l’histoire de l’art. Par des essais de restitution informés, érudits si les documents le permettent, elle préfère sonder les aléas de la création artistique, plutôt qu’effectuer un classement stylistique acquis par habitude. Telle est l’enquête nécessaire aux interprétations des œuvres du passé. Le titre de ce recueil, Imaginaire et création artistique à Paris sous l’Ancien Régime (XVII-XVIIIe siècles), ne traite, ni synthétiquement, ni sériellement de l’imaginaire de l’époque. Mais il a pour but d’inciter le lecteur à lier ses impressions de lecture pour mieux découvrir la trame du passé qu’évoque chaque article, très ponctuellement, à partir d’un artiste, d’une œuvre, d’une production ou d’une interprétation symbolique, revisités. Avec cette unité de méthode, relative à l’approche culturelle de l’histoire, qui s’efforce de reconstituer et d’interpréter les étapes de la vie passée d’une œuvre (conception, réalisation, réception) selon divers points de vue contextuels, les sujets s’enchaînent.
On observe l’histoire du goût, à partir de nouvelles réflexions sur les préjugés qui condamnaient l’art baroque italien en France au XVIIIe siècle. On apprend à regarder des objets jugés futiles, ou ne relevant qu’accessoirement du monde de l’Art : le décor des éventails, l’usage codé du fard ou l’estampe à sujets séditieux, sous Louis XIV et Louis XV. On découvre l’architecte Contant d’Ivry créateur méconnu d’un type de jardin digne des
fêtes galantes, ou le peintre de paysages historiques Valenciennes : tous deux exaltent le rôle de la nature dans la création et suggèrent la rêverie de la promenade et du voyage. L’Italie, l’Antiquité, la Nature, l’Histoire et la Fable : le thème de l’évasion dans les temps mythiques est tissé largement ou en filigrane. Au siècle des Lumières, enfin, les thèmes religieux se dévoilent dans la lecture des caricatures politiques. À l’époque où la guerre ouverte entre jansénistes et jésuites empoisonne la vie politique de la capitale, il est piquant de constater une théâtralisation permanente de l’image séditieuse, comme la moralisation didactique des mises en scènes des Enfers à l’Opéra.

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