Le public et la politique des arts au siècle des Lumière

Dimanche 19 juin 2011 // COLLECTION
"La peinture, masque et miroir" Écrits sur l’art

William Blake & Co. Edit., avril 2011.
ISBN : 978-2-84103-187-0 – 540p. – broché – PTTC : 52 €
Dans cet important volume, Christophe Henry et Daniel Rabreau rassemblent toutes les interventions effectuées durant le colloque pour la célébration du 250e anniversaire du premier salon de Diderot. Ce colloque s’est tenu à Paris les 17, 18 et 19 décembre 2009, et a été organisé par l’association GHAMU (Groupe Histoire Architecture Mentalités Urbaines), le Centre Ledoux, et l’équipe d’accueil Histoire culturelle et sociale de l’art (HiCSA) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
“Avec l’invention du Public, le rôle de la critique et des médias, la culture encyclopédiste, la réévaluation des valeurs du passé et la politique réformatrice qui facilite l’émergence d’un nouvel art urbain face à l’art de cour, ce sont autant de questions apparues en Europe au XVIIIe siècle que l’histoire stylistique des œuvres et des artistes, traditionnelle, ne traite guère. Du moins, les études qui se consacrent à la production artistique du siècle des Lumières, dans le champ des sciences humaines, ne touchent que trop peu le public d’aujourd’hui, largement sous-informé de l’extrême diversité des arts au XVIIIe siècle et des mécanismes qui les réunit dans l’idée même de progrès.
Agissant parmi le public, comme amateur très averti et donneur de leçons imaginatives et morales, Denis Diderot, critique d’art, témoigne pour ce public autant qu’il l’incite à réagir. La diffusion restreinte, par une correspondance manuscrite qu’étaient ses Salons, n’oblitère en rien au moins au plan symbolique ce rôle de témoin et d’incitateur du philosophe qui peut être comparé à celui des meilleurs chroniqueurs, vulgarisateurs ou théoriciens de l’esthétique de son temps.
La célébration du 250e anniversaire du premier salon de Diderot (1759-2009) est l’occasion d’illustrer cette valeur patrimoniale de l’histoire de l’art revisitée. Traitant de sujets totalement inédits, ou trop peu connus, les trente et un textes de ce volume abordent toutes les formes d’art (peinture, gravure, sculpture, architecture, urbanisme, jardin), les carrières d’artistes, l’esthétique, l’évolution du goût et les institutions artistiques. L’évocation de Paris ou de la province française, trouve des prolongements en Italie ou en Angleterre qui illustrent certains aspects politiques de la commande ou de la création. Ceux-ci sont regroupés en quatre grands thèmes : I – Autour de 1759 : micro-chronologie politico-artistique (1744-1765), II – Formation et stratégies de carrière des artistes, III – L’imaginaire « à l’antique » et le « progrès des arts », IV – La réception des œuvres, des progrès et des polémiques artistiques.”