Placer l’être en face de lui-même : Carnets de Sicile (été 1994)

Jean-Paul Michel, Farhad Ostovani

Samedi 1er novembre 2008 // COLLECTION
Livres d’artistes

2841031719 — Broché — 28,00 € — Tirage — Disponible

« Si l’écriture ne vise pas la sainteté, elle vise trop bas.
À quelles conditions un
présent de l’écriture est-il possible ? — À cette seule condition qu’elle consiste en une affirmation, un surgissement continu d’elle-même. Car, pour ce qui fut de la rencontre, le présent en est toujours déjà perdu. L’émotion ne se peut plus qu’évoquer, commémorer, quand l’œuvre n’aura d’autre choix que de susciter autre ce qui fut — si du moins elle ne renonce pas à répondre, par cet écho d’art, au feu anéantissant du devenir.
Il faut prendre cette opération de
résurrection au sérieux : elle est la part la plus sérieuse de tout art.
Que l’on croise là le religieux, et même les sorcelleries les plus anciennes, est une preuve de plus de la profonde communauté d’opération de ces trois modalités de l’usage
magique du langage (le "magique", le "religieux", l’"art"). Si nous n’avons rien à attendre d’on ne sait que trop quelles poses de "mages" chez les poètes, il n’est pas moins sûr que nos plus fins et nos plus puissants écrivains ne sont pas plus avancés que les féticheurs les plus archaïques. La plupart d’entre les plus grands ont connu cette proximité fatale, et reconnu en elle le tragique-même de la conjuration du réel, en quoi consiste toute opération d’art de quelque portée. »