Corésus et Callirhoé de Fragonnard : un chef d’oeuvre d’émotion

Collectif, sous la direction de Daniel Rabreau et Christophe Henry

Samedi 1er septembre 2007 // COLLECTION
"La peinture, masque et miroir" Écrits sur l’art

2841031624 — 184 p. (24x17) broché — 25,00 € — Tirage 1000 — Disponible

Fascinant pour les uns (la formule critique ici rassemblée en témoigne), déroutant voire repoussant pour les autres, le Corésus et Callirhoé de Fragonard est une de ces peintures que l’on exhausse, sans doute avec raison, au rang de chef-d’œuvre pour n’avoir jamais réussi à les circonscrire ni par le sens du goût ni par les moyens de l’esprit. Curieux et beau tableau né de nulle part ou bien du délire d’un Diderot trouvant ici le complice idéal de ses rêves d’instauration picturale, ce chef-d’œuvre par lequel le peintre le plus aimé du XVIII° siècle obtint son agrément académique et sa reconnaissance publique n’a rien des bluettes bigarrées qui ont fait la réputation de l’époque de la philosophie du sentiment : c’est un drame, un crime, une tragédie exaltant la suprême beauté de la ronde toxique du désir, de la haine et de la mort par les recherches fiévreuses d’un pinceau à la fois puissant, hésitant et cultivé. Une visite de ce laboratoire pictural de l’émotion, et du doute s’imposait donc, et c’est à celle-ci qu’invitent les cinq études rassemblées ici, quitte à ce que le cher siècle des Lumières en ressorte un peu plus asphyxié par les irrationnelles exhalaisons de la spiritualité et du langage de l’art.