Annales du Centre Ledoux

« La nature citadine au siècle des Lumières »

Daniel Rabreau, Sandra Pascalis

Jeudi 1er décembre 2005 // COLLECTION
Architecture

2841031535 — 372 p. (17,3x24) broché — 52,00 € — Tirage 1200 — Disponible

« Tout autant que ses monuments publics grandioses ou élégants, la ville du XVIIIe siècle nous a légué des espaces plantés, promenades et jardins publics, qui témoignent d’un nouvel art urbain. Créé au siècle précédent et d’abord limité à l’agrément des usagers de carrosses dans un espace suburbain, le promenoir planté s’est ensuite très largement développé et diversifié grâce à la disparition des remparts.
C’est à l’imaginaire de la nature citadine qu’est surtout consacré cet ouvrage, imaginaire qui sous-tend l’intention des commanditaires et des créateurs, comme celui des usagers. L’idée d’une politique des loisirs publics et d’une éducation civique des mœurs n’est pas la moindre interrogation de cette exploration de la nature citadine dans l’Europe des Lumières.
La première partie, intitulée "Nature et art urbain : embellissement et planification", est consacrée à la fois aux typologies de la promenade plantée, aux circonstances historiques et topographiques de leur développement, à la programmation de leur usage et, plus généralement, à leur intégration dans le concept d’
embellissement qui caractérise l’urbanisme du XVIIIe siècle.
La campagne dans sa complémentarité, plus que dans son opposition au monde urbain, apparaît avec insistance dans la seconde partie, "Ville et villégiature : paysage et culture des loisirs". À l’époque de Goldoni et de Jean-Jacques Rousseau, dans la retraite de l’ermitage ou avec la brillante société délocalisée temporairement pour se dépayser ou entretenir son quant-à-soi hygiéniste, c’est toute une mise en scène bien concrète de la nature qui marque le territoire de la villégiature. Le thème s’offre comme un indice majeur de bien-être et de développement urbain, comme une marque identitaire à l’échelle territoriale, observés depuis Naples jusqu’à Grenade, en passant par la Toscane, Montpellier et Nantes. Dans les meilleurs cas, le plaisir citadin de la campagne stimule la double jouissance du paysage environnant, vu à partir de la ville, ou sur celle-ci identifiée dans l’approche passagère de son site même (on vérifie ici la création des villes thermales italiennes).
La troisième partie, "De la connaissance de la nature aux mises en scène des usages et des rêves", sonde les comportements et tente d’approcher cet imaginaire de l’ancien temps, à jamais perdu, mais qui doit nous guider dans la connaissance et la compréhension du constat physique et documentaire du sujet tel qu’il nous apparaît, brut et le plus souvent défiguré quant il n’est pas anéanti aujourd’hui par deux siècles de croissance urbaine et de rage automobile. La réflexion et la sensibilité qu’offre la création artistique, comme la démonstration psychosociale de l’usage de la promenade et des jardins publics, entraîne l’exploration des sciences et de leur vulgarisation, notamment au sujet de la botanique et de la nature végétale ; elle défie la catharsis à l’opéra, aussi bien que dans la mode vestimentaire dont les objets s’inspirent directement de l’art du paysage en peinture. »