Littérature et art

Chants d’exil, tome II

Patrice Cambronne

Dimanche 1er juin 2003 // COLLECTION
Histoire des textes / histoire de la pensée

2841031381 — 318 p. (15,5x24,5) broché — 38,00 € — Tirage 500 — Disponible

En écho à nos Chants d’Exil, ces pages-ci souhaiteraient présenter un autre volet de cet « Imaginaire de l’Exil ». Le volume précédent — consacré aux Chants de l’Âme exilée —, désirait montrer les interférences entre la Pensée Mythique et la Théologie mystique de l’Exil : « Le Symbole donne à penser », rappelions-nous.
Ici, il s’agira de tenter de rappeler les interférences entre l’Histoire (juive, en l’occurrence) et la Théologie mystique de l’Exil, de l’incendie du Premier Temple par Nebuzaradân, figure emblématique de Babylone, à l’incendie du Second Temple, par les troupes de Titus, figure emblématique de Rome, la Seconde Babylone.
Chants du Corps exilé
Jérusalem, de Babylone à Rome.

Ce Corps du Temple, comment le reconstruire sur la Terre ? Ou encore, sera-t-il spiritualisé, loin de la Terre ? Dans le cœur du croyant, oui, mais dans ce Temps-ci, ou bien dans un Temps-à-venir ? Ce Temps, faut-il en hâter la venue ? Ou le projeter dans un Au-delà ?
« L’Histoire donne à penser », pourrions-nous dire ici. D’où cette tentative de parcours historique, en trois étapes :
De l’Exil de Babylone à la Restauration, la méditation de la Loi se fait, par la force des circonstances, loin de la Terre et, donc, plus intérieure. Aussi bien, même après le Retour d’une partie des exilés, même après la reconstruction du Temple, quelque chose d’irrémédiable se sera produit et aura modifié en profondeur le regard sur la Terre et le Temple.
Dans l’Égypte alexandrine, à la fois loin de la Terre, et près d’elle, la méditation s’infléchira également, cette fois-ci sous l’influence des milieux intellectuels gravitant autour de la prestigieuse Bibliothèque d’Alexandrie.
La Palestine alexandrine laissa la place au Royaume hasmonéen, qui finit par tomber totalement sous la mouvance romaine, non sans avoir auparavant provoqué un autre Exil, au cœur même de la Terre, dans le silence du Désert, cet autre lieu d’émergence de la Parole.
Ces nouvelles pages voudraient s’insérer très exactement au milieu du volume précédent, entre
Les Chants d’Orphée - annonce d’un courant intellectuel et spirituel qui inspirera toute la Culture hellénistique - et Les Chants de Sophia - clameurs du désespoir de l’Âme après, précisément, l’incendie du Second Temple et les événements de l’année 135 de notre ère.
À l’issue de ce double parcours, à l’écoute de l’âme et du Corps exilés, peut-être pourrions-nous tenter, cette fois-ci, dans le même sillage, de répondre à cette autre question : Que disaient/lisaient les Anciens, lorsqu’ils disaient/lisaient « Dieu(x) » ? pour retrouver la même question, vouée sans doute à rester sans réponses : « Où est l’Autre du désir ? »
Selon la belle formule de Denys l’Aéropagite, ne pourrait-on pas penser que La Quête de l’Absolu serait peut-être vouée à n’être qu’une longue marche dans cette « Ténèbre lumineuse » de la Terre d’Exil ?