Strawinsky et Webern au Domaine musical

Louis-René des Forêts

Lundi 1er septembre 2003 // COLLECTION
Musique / danse

2841031225 — 12 p. (32x19) broché — 9,00 € — Tirage 1200 — Disponible

« André Breton s’étonnait naguère que l’art en France parût surtout soucieux de "jeter un tapis de fleurs sur un monde miné", et il remarquait que le problème "n’est plus de savoir si un tableau tient par exemple dans un champ de blé, mais bien s’il tient à côté du journal de chaque jour, ouvert et fermé, qui est une jungle". [...]
L’œuvre de Webern acquiert un prix particulier du fait qu’elle est une des très rares de ce temps qui réponde aux exigences auxquelles nous sommes en droit d’attendre que satisfasse une œuvre d’art. Souci d’économie et science du dosage, soumission à des canons rigoureux, qui n’exclut pas l’aisance avec laquelle sont apportées aux problèmes techniques des solutions élégantes (toute technique codifiée n’étant qu’abstraction dépourvue de sens tant qu’elle reste à l’état de norme figée sur laquelle ne se greffe rien d’actif), volonté d’invention continue, refus de tout arbitraire, la beauté plastique venant ici au premier rang des objectifs poursuivis. On sait que Schœnberg disait de son disciple qu’il avait su exprimer un roman en un seul soupir. Laconisme exemplaire, de nos jours où l’inflation verbale, sinon sonore, est à son comble, et notamment dans le domaine de la création romanesque où ceux-là mêmes qui sont tenus pour des maîtres s’abandonnent à un étroit empirisme, faute de considérer leur art comme la recherche audacieuse de quelque chose d’essentiel qu’il s’agit de pousser aux limites du possible avec un maximum de lucidité et de rigueur qui est précisément le fait de la maîtrise. »
Louis-René des Forêts