La pharmacie de Platon

« Un jour les dieux se retirent... »

Jean-Luc Nancy

Mercredi 1er janvier 2003 // COLLECTION
"Un jour, les dieux se retirent..."

2841031071 — 14p. (32x19) agrafé — 7,32 € — Tirage 800 — Disponible

« Un jour, les dieux se retirent. D’eux-mêmes, ils se retirent de leur divinité, c’est-à-dire de leur présence. Ils ne s’absentent pas simplement : ils ne vont pas ailleurs, ils se retirent de leur propre présence : ils s’absentent dedans.
Ce qui reste de leur présence, c’est ce qui reste de toute présence lorsqu’elle s’est absentée : il reste ce qu’on peut dire. Ce qu’on en peut dire est ce qui reste lorsqu’on ne peut plus s’adresser à elle : ni lui parler, ni la toucher, ni la regarder, ni lui faire un présent.
Ce qui reste se divise donc aussitôt en deux : l’histoire et la vérité. L’une et l’autre sont de la même origine et se rapportent à la même chose : à la même présence qui s’est retirée. Son retrait se manifeste donc comme le trait qui sépare les deux, l’histoire et la vérité. »

Jean-Luc Nancy