Gilga Mesh ou La gloire entre la force et le destin

Patrice Cambronne

Vendredi 1er juillet 2005 // COLLECTION
Histoire des textes / histoire de la pensée

2841030962 — 158 p. (15x24) broché — 22,00 € — Tirage 500 — Disponible

Ce que l’on appelle traditionnellement L’Épopée de Gilgamesh, un des plus anciens chefs-d’œuvre littéraires connus, apparut, au terme d’une assez longue élaboration, dans ces lieux précisément qui ont vu l’éclosion de la conscience historique au sens de « Quête de critères d’intelligibilité de Réel », par le développement simultané de l’Écriture et de la Théologie du Destin.
Aussi bien était-il tentant de relire la Geste de Gilgamesh comme un Écrit condensant en quelque sorte admirablement les trois étapes de l’Écriture :
* Le Pictogramme qui donne à voir : ce serait l’Écriture mythique, avec tout son rapport à l’hypotypose, et à la plasticité ;
* L’Idéogramme qui donne à comprendre : ce serait l’Écriture épique, associant le Réel historique et l’Imaginaire héroïque ;
* L’Écriture alphabétique, enfin, qui donne à penser ; ce serait - dans la mouvance même des Littératures de Sagesse dans l’Orient Ancien — une sorte d’Écriture Conceptuelle, s’articulant sur quatre points cardinaux : la Fonction spéculaire du « Double », dans la relation du Sujet, soit au Même, soit à l’Autre, représenté par le féminin ; une méditation sur le Destin de la Force, condamnée à ne jamais savoir jusqu’où elle ne doit pas aller trop loin, la transgression de cette limite portant sur sa propre sanction immanente ; une méditation sur la force du Destin, ramenant tout homme à la Mesure de l’Humain ; une quête, enfin, de l’Impossible Nécessaire, à travers la Résurgence mythique et l’Incantation lyrique, « Chant de l’Âme fêlée ».

Voilà qui a suscité la présente tentative de transposition de cette Geste en « Drame sacré », en un Prologue (« Le Double »), deux journées (« Le Destin de la Force, ou la Démesure de la Gloire » ; « La Force du Destin, ou la Mesure de l’Humain ») et un Épilogue.
Écriture sous le signe du Destin, Écriture-signe qui, comme tout signe, a pour fonction de voiler en dévoilant. Car enfin, selon la Nature commune, le Destin ne serait-il pas foncièrement opaque ?
Mais aussi, Écriture sous le signe du Chant, qui, par sa rythmique, fait entrer la plainte du Cœur dans la rythmique et la césure du Temps cosmique...
Et si c’était cela, le Savoir ultime d’un Cœur qui s’ouvre aux fulgurances d’un Infini de Tendresse ?