Littérature et art

Chants d’exil, tome I : Mythe & Théologie mystique

Patrice Cambronne

Mercredi 1er octobre 1997 // COLLECTION
Histoire des textes / histoire de la pensée

2841030741 — 244 p. (15,5x17,4) broché — 27,40€ — Tirage 1000 — Disponible « Chants de l’Âme exilée », voilà ce que ces pages aimeraient donner à entendre, à laisser résonner aux oreilles du Cœur. Elles voudraient s’attacher à décrire, et à chercher à comprendre trois formes de pensée qui présentent un double lien : * Avant tout, un mode commun d’expression de recours au Mythe. Le Mythe ne serait-il donc que gigantesque fantasmagorie ? Ou plutôt, la « fantasm-agorie » ne serait-elle pas le lieu d’émergence de la Parole Désirante ? Mythe s’épanouissant en Pensée ; Mythe, Parole-Écho ; Miroir sans doute de la conscience tragique, mais miroir sans tain qui laisse entrevoir un au-delà du miroir. * Une filiation historique, de l’aube de la pensée grecque à l’Antiquité tardive. Les Chants d’Orphée présentent la tradition « orphico-pythagoricienne ». À quand faire remonter, en Occident, l’émergence de notions cardinales comme l’Âme, l’Idée, l’Immortalité ? Quel rapport entre l’auteur du célèbre théorème et le chantre, tout de blanc vêtu, dont on dit qu’il descendit aux Enfers ? Peut-être serait-ce que la Vérité ultime de l’Existence est dans cette inlassable Quête de sens, au-delà du monde disloqué des apparences ? Le « Chiffre » n’attend-il pas d’être « déchiffré » ? Les Chants de Sophia montrent quelques aspects de ce que l’on désigne improprement par le nom de « Gnose » : Pensée hantée par le visage menaçant d’un Démiurge méchant qui, aux origines du Temps, a plongé l’homme dans un espace de déréliction, pépinière d’amertume. Ne serait-ce pas là comme une cicatrice de blessures causées par une Histoire où Dieu apparaît comme le grand Absent ? Les Chants des Errants exposent les grande lignes de la théologie manichéenne : Opposition simpliste entre le Bien et le Mal ? Ou plutôt conscience tragique de l’homme à la lisière de la Lumière et des Ténèbres, réitérant une Protohistoire, déjà traversée par le rayon lumineux de la Grâce ? Pour finir, que dit l’Homme de son propre Désir lorsqu’il dit Dieu ? Où est l’Autre du Désir ? De l’aube de la pensée grecque à l’Antiquité tardive, ne pourrait-on pas lire, en filigrane, dans ces Chants d’Exil, au cœur du silence et de l’absence, dans la mélancolie — Deuil impossible de l’inscription de la Temporalité dans le Corps —, comme une fraternité de l’Âme, qui aurait pour nom voilé : l’Aujourd’hui de l’Espérance ?

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